Grue offshore -40°C : sélection acier, résilience et ténacité

Lorsqu’elles opèrent dans des environnements extrêmement froids tels que l’Arctique, la mer du Nord ou l’Extrême-Orient russe, les grues marines sont exposées à des températures ambiantes pouvant descendre jusqu’à −40 °C, voire −50 °C. À ces températures, l’acier au carbone standard subit une transition ductile-fragile : sa résilience chute brutalement, avec un risque de rupture fragile sans avertissement préalable. Le critère fondamental pour la sélection des matériaux à basse température repose sur l’énergie de rupture Charpy sur éprouvette à entaille en V (CVN) et sur la température de transition ductile-fragile (DBTT). Les éléments porteurs critiques doivent être réalisés en aciers de construction navale certifiés basse température, tels que les nuances EH36, FH36 ou API 2W Gr.50.

Sélection des aciers pour environnement marin extrême

En 1943, le Liberty Ship américain S.S. Schenectady, amarré tranquillement à quai dans le port de Portland, s’est soudainement brisé en deux par une température de −2 °C, sans subir aucune contrainte de houle ou de vent. L’enquête a révélé que la rupture avait pris naissance dans une tôle d’acier dont la température de transition ductile-fragile était d’environ +10 °C : à −2 °C, cette tôle était déjà passée d’un mode de rupture ductile à un mode de rupture fragile. Depuis lors, la résilience à basse température est devenue l’indicateur d’acceptation prioritaire et obligatoire dans toutes les normes de conception des navires et des structures offshore à travers le monde. Les grues de plateforme offshore évoluent dans les environnements industriels les plus froids de la planète ; elles ne subissent pas seulement le froid, mais une combinaison triple : températures négatives + charge dynamique de houle + contraintes résiduelles de soudage. Leur exigence de sélection des matériaux est donc d’un niveau supérieur à celle des navires conventionnels.

Les exigences de résilience pour la sélection des aciers à basse température s’appuient principalement sur les spécifications de ténacité à froid des sociétés de classification (DNV-OS-C101, ABS Part 2 Chapter 1). Les combinaisons de charges des structures de la grue suivent les dispositions de la norme ISO 4301 / FEM 1.001 (référence d’origine : ISO 4301 / FEM 1.001).

Transition ductile-fragile : pourquoi l’acier devient cassant à froid

Le mécanisme de rupture de l’acier présente une fenêtre de température : au-dessus d’un certain seuil, l’acier absorbe l’énergie par déformation plastique et la surface de rupture est fibreuse (rupture ductile). En dessous de ce seuil, le mouvement des dislocations dans le réseau cristallin est « gelé » : le matériau ne peut plus dissiper l’énergie par déformation plastique, et dès qu’une fissure se forme, elle se propage à une vitesse proche de celle du son, avec une surface de rupture granuleuse (rupture fragile). Cette température de transition est appelée température de transition ductile-fragile (DBTT — Ductile-to-Brittle Transition Temperature) ; c’est l’indicateur le plus représentatif des performances à froid d’un acier.

Dans la pratique de l’ingénierie, la DBTT est mesurée par l’essai de résilience Charpy sur éprouvette à entaille en V (essai CVN) : une éprouvette normalisée de 10 × 10 × 55 mm, comportant une entaille en V de 2 mm de profondeur, est conditionnée à la température cible pendant au moins 5 minutes, puis rompue en un seul choc de mouton pendule. L’énergie de rupture absorbée est mesurée en joules. Les sociétés de classification et les normes offshore imposent des exigences CVN différentes selon les éléments et la température minimale de conception : pour les éléments porteurs principaux (tels que les membrures de flèche, les bagues de couronne d’orientation, les cadres en A), la valeur longitudinale CVN doit être ≥ 34 J (minimum individuel ≥ 24 J) ; pour les éléments secondaires, ≥ 27 J. La température d’essai est généralement fixée avec une marge de 10 à 20 °C sous la température minimale de conception (par exemple, pour une température minimale de conception de −40 °C, l’essai est réalisé à −50 °C ou −60 °C).

Choix des nuances d’acier pour basses températures : de l’EH36 à l’acier inoxydable

Les aciers destinés aux grues marines en environnement froid se répartissent en trois niveaux. Le premier niveau est celui des aciers de construction navale certifiés basse température : l’EH36 (essai d’impact à −40 °C, CVN ≥ 34 J) est l’acier de construction marine le plus couramment utilisé, largement répandu dans les grues de plateforme offshore et les grues de pont en mer du Nord et en Arctique. Ses caractéristiques chimiques comprennent un carbone équivalent faible (Ceq ≤ 0,43 %), garantissant une excellente soudabilité et réduisant le risque de fissuration à froid ; une micro-alliation (ajout de 0,02 % à 0,05 % de Nb/V/Ti pour affiner le grain et améliorer la ténacité à basse température) ; et de faibles teneurs en soufre et en phosphore (S ≤ 0,005 %, P ≤ 0,015 %) afin de limiter la fragilisation locale due aux inclusions. Le FH36 est un acier de construction navale de qualité supérieure, avec une température minimale de conception pouvant atteindre −60 °C (CVN ≥ 34 J à −60 °C).

Le deuxième niveau est celui des aciers marins selon la norme API : les nuances API 2W Gr.50 et API 2Y Gr.60 sont produites conformément aux spécifications de l’American Petroleum Institute et sont largement utilisées dans les projets du golfe du Mexique et du Brésil. La différence par rapport à l’EH36 réside dans le fait que l’API 2W impose une exigence supplémentaire sur la striction dans le sens travers (Z) : ≥ 35 %, contre ≥ 25 % pour l’EH36, ce qui la rend mieux adaptée aux goussets soumis à des contraintes de traction dans l’épaisseur. L’API 2Y, quant à elle, est obtenue par un traitement de trempe et revenu (Q&T) qui lui confère une limite d’élasticité supérieure (≥ 414 MPa, contre ≥ 355 MPa pour l’EH36), offrant ainsi un avantage significatif en termes de réduction du poids mort de la structure.

Le troisième niveau est celui des aciers inoxydables et des aciers au nickel pour très basses températures : pour les environnements extrêmes en dessous de −50 °C (tels que les zones de glace arctique ou le projet Yamal LNG en Russie), l’acier inoxydable austénitique 316L — qui ne présente pas de température de transition ductile-fragile et conserve une excellente ténacité jusqu’à −196 °C — est le matériau de premier choix. Toutefois, sa limite d’élasticité n’est que de ≥ 170 MPa (nettement inférieure aux 355 MPa de l’EH36), ce qui impose d’augmenter les sections pour compenser le manque de résistance, entraînant une augmentation de la masse de la structure de 30 % à 50 %, avec un coût matière de 5 à 8 fois supérieur à celui de l’EH36. L’acier à 9 % de nickel (ASTM A553 Type I) constitue une autre option : limite d’élasticité ≥ 585 MPa, CVN ≥ 34 J à −196 °C ; c’est le matériau de référence pour les réservoirs de GNL, mais son application dans les structures de grues est limitée par la complexité du soudage (nécessité d’un métal d’apport à base de nickel et d’un préchauffage strict suivi d’un traitement thermique après soudage).

AcierNuanceTempérature minimale de conceptionLimite dCVNExigenceDomaine d'application
EH36-40°C≥355MPa-40°C≥34JMer du Nord/Ingénierie offshore arctiquegrue
FH36-60°C≥355MPa-60°C≥34JZones maritimes extrêmement froides/LNGProjet
API 2W Gr.50-40°C≥345MPa-40°C≥34J ZVers≥35%Golfe du Mexique/Gousset
API 2Y Gr.60-40°C≥414MPa-40°C≥34J Q&TTraitement thermiqueconception allégéeÉlevéRésistanceDemande
316L Acier Inoxydable-196°C≥170MPaAucunDBTTExtrême-50°CInférieur à/Qualité alimentaire
9%NiAcier-196°C≥585MPa-196°C≥34JLNGRéservoir de stockage/Structure cryogénique

Soudage : le maillon faible des structures en acier basse température

Même un acier basse température de première qualité peut développer des structures fragiles dans le cordon de soudure ou la zone affectée thermiquement (ZAT) si le procédé de soudage est inapproprié. Trois points de contrôle essentiels pour le soudage des aciers basse température :

Température de Préchauffage — elle empêche un refroidissement trop rapide du cordon qui formerait de la martensite trempée. Pour l'EH36, la température de préchauffage est généralement ≥100°C (pour une tôle d'épaisseur >30mm), avec une valeur effective de Max(100°C, 0,4×épaisseur en mm), soit Max(100,20)=100°C pour une tôle de 50mm et Max(100,40)=100°C pour une tôle de 100mm. La zone de préchauffage couvre au moins 75mm de part et d'autre du cordon, avec chauffage uniforme par tapis chauffants électriques (équipés de thermostats) — l'utilisation de chalumeaux pour un « préchauffage ponctuel » est interdite, car elle crée des gradients thermiques excessifs générateurs de contraintes. La température entre passes est maintenue entre la température de préchauffage et 250°C ; au-delà, le grossissement du grain dégrade également la ténacité.

Adéquation des produits d'apport — le métal d'apport pour le soudage des aciers basse température doit présenter une température de transition ductile-fragile plus basse que celle du métal de base (principe de « sous-assortiment » : mieux vaut une résistance légèrement inférieure à celle du métal de base, mais une ténacité supérieure). Pour l'EH36 : électrodes E5018-1 (électrode basique type basse température, CVN ≥47J à -45°C), fil + flux de Soudage à l'Arc Submergé F7A8-EM12K, fil fourré E71T-1C-J. La DNV exige un Essai d'hydrogène diffusible (méthode au mercure, H_DM≤5mL/100g) sur chaque lot de produits d'apport avant entrée en stock, afin de garantir que la teneur en hydrogène du cordon ne provoque pas de fissuration différée par hydrogène.

Traitement Thermique Après Soudage (TTAS) — pour les cordons de soudure principaux de l'EH36 sur tôle d'épaisseur >50mm (comme les raccords de soudure à la base de la Flèche), un traitement thermique de détensionnement est généralement requis : montée en température à ≤50°C/h jusqu'à 580~620°C, maintien de 2min/mm d'épaisseur (≥30min), puis refroidissement au four à ≤50°C/h jusqu'à 300°C avant refroidissement à l'air libre. L'objectif du TTAS n'est pas d'améliorer la ténacité à basse température (en réalité, pour les tôles laminées thermomécaniquement (TMCP), la ténacité peut même diminuer après TTAS), mais d'éliminer les contraintes résiduelles de soudage — celles-ci, combinées à l'environnement cryogénique, réduisent la marge de sécurité contre la Rupture fragile de la structure.

soudageParamètreEH36FH36316LAcier Inoxydable
Température de Préchauffage≥100°C (t>30mm)≥125°C (t>25mm)≤100°C (Prévention de la précipitation de carbures)
température entre passes125~250°C150~250°C≤175°C
soudageMéthodeSMAW/FCAW/SAWSMAW/FCAW/SAWGTAW/GMAW (Ar+2%O₂)
Appariement des métaux dE5018-1 BasiqueE5518-1 BasiqueER316L (Type bas carbone)
Traitement Thermique Après Soudaget>50mm PWHTt>40mm PWHTNon recommandé(Antisensibilisation)
NDTExigenceUT 100%+MT 100%UT 100%+MT 100%+RT 20%PT 100%
EH36
-40°C CVN≥34J Ceq≤0,43%
FH36
-60°C CVN≥34J Zones polaires
API 2W Gr.50
-40°C Z≥35% Golfe du Mexique
Préchauffage
≥100°C (t>30mm) Anti-trempe martensitique
Temp. PWHT
580~620°C 2min/mm, ≥30min
Éprouvette CVN
10×10×55mm Entaille en V 2mm

Prélèvement des éprouvettes d'impact : sens longitudinal ou transversal ?

Le sens et la position du prélèvement des éprouvettes CVN influencent directement et significativement les résultats. Lors du laminage de l'acier, les inclusions non métalliques sont allongées dans le sens du laminage, formant des bandes. L'énergie d'impact mesurée sur des éprouvettes prélevées dans le sens longitudinal (direction L, parallèle au laminage) est généralement de 30 à 50 % supérieure à celle mesurée dans le sens transversal (direction T, perpendiculaire au laminage). En effet, dans le sens transversal, l'entaille en V sectionne directement ces bandes d'inclusions, et la fissure se propage rapidement le long de l'interface inclusion-matrice. Par conséquent, pour les éléments porteurs critiques des grues marines, le prélèvement des éprouvettes CVN doit être effectué dans le sens transversal (orientation T-L ou T-S), afin de garantir que la ténacité reste satisfaisante dans la direction la plus défavorable.

La position du prélèvement est tout aussi cruciale : la surface de la tôle d'acier, refroidie plus rapidement lors du laminage, présente une structure de grains plus fine (meilleure ténacité), tandis que le cœur, refroidi plus lentement, a une structure plus grossière (ténacité moindre). Selon la norme DNV-OS-B101, pour les composants d'épaisseur supérieure à 40 mm, les éprouvettes CVN doivent être prélevées à deux endroits : à 1/4 et à 1/2 de l'épaisseur de la tôle (chaque série comprenant 3 éprouvettes parallèles). Les deux séries doivent satisfaire aux exigences minimales. Pour les tôles très épaisses (> 70 mm), une série supplémentaire d'éprouvettes doit être prélevée entre 1/4 et 1/2 de l'épaisseur, car la ségrégation et la porosité au cœur sont plus prononcées, constituant la zone à plus haut risque de rupture fragile à basse température.

Évaluation de l'aptitude au service (FFS) des structures présentant des défauts

Après des années de fonctionnement dans des environnements extrêmement froids, les grues marines peuvent présenter des défauts minimes non détectés lors de la fabrication (fissures internes, manque de fusion) ou de nouveaux défauts apparus en service (fissures de fatigue, piqûres de corrosion). Si l'on applique strictement les critères de construction, ces défauts entraîneraient la mise hors service de la grue et des coûts de maintenance élevés. Dans ce cas, une évaluation de l'aptitude au service (FFS) peut être réalisée selon les normes BS 7910 ou API 579-1/ASME FFS-1. Cette évaluation, basée sur la mécanique de la rupture (comme le diagramme d'évaluation de la rupture, FAD), permet de déterminer si la structure présentant des défauts peut continuer à fonctionner en toute sécurité sous les charges actuelles et pendant la durée de vie prévue, en tenant compte de la diminution de la ténacité à basse température. Les paramètres d'entrée clés pour l'évaluation FFS comprennent : les dimensions et la position exactes du défaut (obtenues par inspection ultrasonore multiéléments PAUT pour une image 3D), la ténacité à la rupture du matériau à la température minimale de service (K_IC ou CTOD), et la contrainte de service maximale. Si l'évaluation FFS est concluante, le défaut peut être classé comme acceptable selon l'Évaluation Critique d'Ingénierie (ECA), et la grue peut continuer à être utilisée, mais avec un intervalle d'inspection réduit à une fois tous les six mois.

Questions fréquentes

Q : Quelle est la différence entre l'EH36 et le DH36 ? Peut-on remplacer l'EH36 par du DH36 ?

A : La principale différence réside dans la température de l'essai d'impact CVN : le DH36 doit satisfaire CVN≥34J à -20°C, tandis que l'EH36 doit le faire à -40°C. Le DH36 convient aux zones où la température minimale de conception est ≥ -10°C (par exemple, mer de Chine méridionale, Asie du Sud-Est), alors que l'EH36 est adapté aux zones où la température minimale de conception est ≥ -30°C (par exemple, mer du Nord, mer de Bohai en hiver). Il est absolument interdit de substituer le DH36 à l'EH36 dans les zones froides – même si la valeur CVN mesurée du DH36 à -40°C peut parfois « par hasard » dépasser 34J, sa composition chimique et son processus de fabrication ne sont pas systématiquement optimisés pour une ténacité à des températures inférieures à -40°C (par exemple, des ajouts insuffisants de Nb/V/Ti pour l'affinage du grain). La dispersion de la ténacité entre les lots est bien plus grande que pour l'EH36.

Q : Le traitement thermique après soudage (PWHT) est-il obligatoire pour les structures de grue à basse température ? Quel est son impact sur la ténacité des tôles en acier TMCP ?

A : Le PWHT n'est pas obligatoire pour toutes les structures à basse température. La norme DNV-OS-C101 stipule que le PWHT n'est requis que lorsque l'épaisseur de la tôle dépasse certains seuils : EH36 > 50 mm, FH36 > 40 mm. Pour les tôles produites par laminage thermomécanique (TMCP), les effets de durcissement par affinage du grain et par précipitation peuvent être partiellement perdus pendant le maintien en température du PWHT – la croissance des grains entraîne une diminution simultanée de la résistance et de la ténacité. Par conséquent, si la conception structurelle permet de réduire l'épaisseur de la tôle (par exemple, en utilisant de l'acier à haute résistance API 2Y Gr.60 au lieu de l'EH36) pour éviter le seuil déclenchant le PWHT, cette option est à privilégier. Pour les structures nécessitant des tôles très épaisses et un PWHT obligatoire (comme les embases de montage de la couronne d'orientation), il est impératif d'effectuer des essais CVN sur des éprouvettes prélevées dans des assemblages soudés ayant subi le PWHT lors de la qualification du mode opératoire de soudage (WPQR), afin de confirmer que la ténacité reste conforme aux exigences.

Q : À -40°C, faut-il également sélectionner des matériaux spéciaux pour les vérins hydrauliques et les joints de la grue ?

Q : Un traitement de déshydrogénation post-soudage est-il nécessaire après le soudage des structures basse température ? Quelle est la différence avec le PWHT ?

A : Les deux traitements poursuivent des objectifs distincts et ne doivent pas être confondus. Le traitement de déshydrogénation (DHT) est appliqué immédiatement après le soudage, tant que le cordon est encore au-dessus de la température de préchauffage, en maintenant une température de 200 à 250 °C pendant 2 à 4 heures. Son but est d'accélérer la diffusion de l'hydrogène hors du cordon de soudure afin de prévenir les fissures de retardement induites par l'hydrogène (communément appelées « rupture fragile par hydrogène »). Le DHT est une étape obligatoire pour toutes les tôles épaisses en acier basse température, que le PWHT soit exigé ou non. Le PWHT, quant à lui, est effectué après le DHT à une température de 580 à 620 °C afin d'éliminer les contraintes résiduelles de soudage. L'ordre est impératif : d'abord le DHT, puis le PWHT. Si le PWHT est réalisé directement, l'hydrogène diffusible résiduel peut s'accumuler pendant la montée en température et provoquer des fissures. Pour les tôles minces ne nécessitant pas de PWHT, le DHT reste obligatoire (200 °C × 2 h) ; l'absence d'exigence de PWHT ne dispense en aucun cas du DHT.

Q : Le choix des matériaux pour vérins hydrauliques basse température est-il critique ?

A : Absolument. La ténacité du tube et de la tige de piston du vérin hydraulique à basse température est tout aussi essentielle : l'acier standard C45E (1045) présente une température de transition ductile-fragile (DBTT) d'environ −10 °C et devient extrêmement fragile à −40 °C, la tige de piston pouvant alors subir une rupture fragile sous charge inclinée. Pour le tube du vérin, on recommande les aciers trempés et revenus 27SiMn ou 30CrMo (CVN ≥ 27 J à −40 °C). La tige de piston reçoit un chromage dur (épaisseur 20 à 50 μm) avec un impératif : un traitement de déshydrogénation par étuvage à 200 °C pendant 4 h — l'hydrogène généré lors du chromage peut provoquer une fissuration différée dans l'acier basse température. Côté joints, le NBR standard a une température de fragilisation d'environ −30 °C à −35 °C ; en dessous de −40 °C, il faut passer au FKM (caoutchouc fluoré, Tg ≈ −20 °C mais utilisable jusqu'à −40 °C) ou au FFKM (perfluoroélastomère, Tg ≈ −30 °C, utilisable jusqu'à −50 °C). Le racleur anti-poussière sera réalisé en polyuréthane basse température (par exemple Simrit PU95/500) en remplacement du NBR standard.

Kelude Industries Lourdes dispose d'une expérience éprouvée dans la sélection des matériaux basse température et les procédés de soudage pour grues marines. Nous offrons un accompagnement technique complet pour vos projets en environnement extrême, de la sélection des matériaux à la qualification du soudage, jusqu'à l'inspection de fabrication. Pour toute demande spécifique, veuillez contacter notre équipe d'ingénierie.

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